Agriculture: appel à lever les blocages après de nouvelles annonces d'Attal

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Les syndicats majoritaires FNSEA et Jeunes agriculteurs ont appelé jeudi à suspendre les blocages en France mais ont promis de rester vigilants sur l'application de nouvelles mesures annoncées peu auparavant par le Premier ministre Gabriel Attal."Nous avons décidé qu'à l'heure actuelle, au vu de tout ce qui avait été annoncé (...), il faut qu'on change de modes d'action et donc nous appelons nos réseaux (...) à suspendre les blocages et à rentrer dans une nouvelle forme de mobilisation", a indiqué le président des JA Arnaud Gaillot, aux côtés du patron de la FNSEA Arnaud Rousseau, lors d'une conférence de presse à Paris.Parmi les conditions posées pour ne pas reprendre le mouvement: de "premiers résultats" avant le Salon de l'agriculture (24 février-3 mars) puis l'adoption d'une loi d'orientation et d'avenir agricole ainsi que de mesures européennes d'ici à juin. A défaut, "nous n'hésiterons pas à re-rentrer dans un mouvement de mobilisation d'ampleur générale", a dit M. Gaillot, tandis que M. Rousseau a mis en garde contre toute tentative d'"enfumage".La question est désormais de savoir si sur le terrain, les agriculteurs répondront aux consignes, d'autant que nombre de manifestants ne sont pas syndiqués.- Levée de barrages -Selon une source policière, à la mi-journée, plus de 6.000 manifestants et 3.500 engins étaient mobilisés sur un peu moins de 100 blocages.Mais plusieurs barrages ont commencé à être levés en fin d'après-midi, notamment celui sur le pont de Cheviré, à l'ouest de Nantes. Sur l'autoroute A75 dans le sud de la Lozère, le barrage filtrant "est en train d'être levé", a indiqué en milieu d'après-midi à l'AFP Hervé Boudon, responsable des JA dans le département. Mais Eric Brunel, membre de la coordination rurale locale, a promis de nouvelles actions samedi devant la préfecture.En région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, "on va suspendre les blocages mais on va continuer la pression, notamment sur la grande distribution à travers des opérations de sensibilisation", a déclaré le porte-parole de la FRSEA Laurent Depieds, tandis que selon la préfecture du Nord, à 17H30, il n'y a "plus aucun blocage sur le réseau routier" du département.Jeudi midi, M. Attal, pour sa troisième salve d'annonces en une semaine, a égrené des mesures qui selon lui répondent "à une grande partie des attentes" des agriculteurs. Parmi celles-ci figure un renforcement des lois Egalim qui visent à empêcher que les producteurs ne fassent les frais de la guerre des prix féroce entre supermarchés d'une part, et distributeurs et fournisseurs de l'agro-industrie d'autre part. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a précisé que "toutes les grandes chaînes de supermarchés" seront "contrôlées dans les prochains jours".Selon Bercy, les mesures d'urgence pour les agriculteurs représentent quelque 400 millions d'euros au total. M. Attal a évoqué jeudi 150 millions d'euros en soutien fiscal et social aux éleveurs bovins.Pour faciliter le renouvellement des générations, le Premier ministre a également annoncé le relèvement des seuils d'exonération sur les successions agricoles.Il s'est engagé à assouplir les règles sur les prairies et à dit vouloir empêcher l'importation en France de fruits et légumes traités avec le pesticide thiaclopride, interdit en Europe.Sur les phytosanitaires, le gouvernement a aussi lâché du lest, promettant notamment que le plan Ecophyto visant à réduire l'usage des pesticides serait mis "en pause".En conférence de presse à l'issue d'un sommet à Bruxelles, le président Emmanuel Macron a de son côté affirmé que les importations de céréales ukrainiennes seraient aussi concernées par un "mécanisme de sauvegarde renforcé" au niveau européen, permettant une "intervention" en cas de déstabilisation des cours.- La Confédération paysanne "reste mobilisée" -M. Macron a aussi demandé à la Commission européenne d'aboutir "à des simplifications concrètes et tangibles dès la fin du mois de février" en faveur des agriculteurs, qui ont fait part de leur exaspération face à une inflation réglementaire.Autre motif de mobilisation par la profession, le rejet d'accords de libre-échange. Le président de la République s'est félicité jeudi d'avoir fait en sorte que l'accord commercial controversé entre l'UE et les pays latino-américains du Mercosur n'ait pas "été conclu à la va-vite comme certains menaçaient de le faire", "parce qu'on a élevé la voix, parce qu'on a montré des incohérences".Gabriel Attal avait reçu ces derniers jours les syndicats agricoles, dont longuement la FNSEA mais aussi mercredi matin la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, et la Confédération paysanne, troisième. Cette dernière a dit regretter de n'avoir "rien entendu" sur le revenu des agriculteurs dans les annonces du Premier ministre et déploré un recul "fort" sur la protection de l'environnement. Par conséquent, elle "reste mobilisée", a indiqué sa porte-parole.Les aides dégagées mercredi par le gouvernement français comme les concessions de la Commission européenne (sur les jachères et les importations ukrainiennes) n'avaient pas semblé trouver grâce aux yeux de la profession, également mobilisée en Italie, Espagne, Allemagne et depuis jeudi au Portugal."Mille tracteurs ou engins agricoles" bloquent plusieurs rues de la capitale belge, siège des institutions européennes, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, précisant que les manifestants provenaient essentiellement de Belgique. Les organisateurs ont expliqué vouloir dénoncer "les folies qui menacent l'agriculture".La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen a pris acte de cette mobilisation en promettant jeudi une proposition pour "réduire le fardeau administratif" pesant sur les paysans.Avec la possible décrue de la mobilisation en France vient aussi l'heure des comptes: les actions des agriculteurs la semaine dernière ont provoqué 400.000 euros de dégâts dans l'agglomération d'Agen, selon le maire, et la facture s'élève aussi à des centaines de milliers d'euros sur d'autres territoires à travers le pays, notamment en Haute-Vienne.bur-myl-jum-are-bpa-tq/uh/gvy

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